Kei Kobayashi, est passé par de belles cuisines, notamment celles de l’Auberge du vieux puits à Fontjoncouse, et surtout au Plaza Athénée sous J.-F. Piège puis de son successeur, Christophe Moret. Ce cuisinier japonais, venu se former en France, a ouvert son propre restaurant en février dernier. La décoration est épurée, le blanc omniprésent, à quelques fleurs près. L’ambiance est feutrée, le service attentif. L’objectif est très probablement fixé vers les étoiles.
A l’ouverture du restaurant, la cuisine était à la fois précise et très classique. Après quelques mois pour trouver ses marques, le chef commence à prendre quelques libertés, et s’engage doucement vers une cuisine d’auteur.
Le service débute par deux amuse-bouche, une mousse au foie gras et kumquat, puis une bisque de homard.
La première entrée nous plonge dans une cuisine originale : une glace à l’oignon sur lit de tomates à l’huile d’olive -délicieusement poivrée, accompagnée de poudre de basilic agglomérée.

La deuxième entrée est présentée dans la même vaisselle : une croquette de brandade apposée à une mousse de shungiku (je peux me tromper sur ce point…), décorée d’une pousse d’oignon. Convaincant visuellement, un peu moins en bouche, cette assiette souffre du succès de la précédente.
La dernière entrée est une recomposition allégée d’un plat déjà au menu lors de l’ouverture du restaurant : des légumes en salade avec de la betterave blanche, du caviar d’aubergine et du saumon. C’est beaucoup plus sage.

Ensuite un plat autour du homard bleu, avant le poisson, comme à l’ouverture. La présentation est radicalement changée, herbacés de saison, vinaigrette tomate et pesto. J’avoue préférer la précédente version, plus sobre.
Arrive le poisson, du bar encore une fois. La préparation est encore différente : à l’ouverture, il était au cœur d’une émulsion de jambon iberico, maintenant il est simplement accompagné par quatre agrumes et du radis. La recette gagne en lisibilité, frappe davantage par sa disposition.
L’agneau de lait, avec purée de potimarron, pomme de terre de Noirmoutier et feuille de moutarde passe discrètement. C’est bon mais loin d’être marquant.
On arrive finalement aux desserts. Le premier est une crème au marron , sorbet citron, chantilly vanille surmonté d’une meringue au yuzu. C’est plutôt original.
Le deuxième dessert est une déclinaison autour du chocolat : en mousse de chocolat en lait, tuile au chocolat et chocolat noir en poudre avec une glace au gingembre, gelée de jasmin et truffe au chocolat sur le côté.
Enfin en guise de mignardises, une crème coco avec de la mangue, des sablés en bâtonnets avec un petit verre de caramel liquide au beurre salé.
Le tout accompagné d’un Chablis 1er cru La Forest 2004 de chez Dauvissat.
Malgré le faste du repas, tout se passe avec une grande simplicité. Ce que j’apprécie en ce lieu, c’est le mélange de raffinement et de discrétion, de classicisme et d’exotisme. Kei sera certainement dans les étoiles à venir…
