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Bombardement de Bouaké : « Tout a été fait pour que la vérité ne soit pas connue »

Propos recueillis par  Cyril Bensimon – Publié le 31 janvier 2020 – Le Monde

Quinze ans après la mort de neuf soldats français et d’un civil américain en Côte d’Ivoire, l’avocat Jean Balan publie un livre à charge contre des ministres alors en poste à Paris.

S’il existait un prix de l’opiniâtreté, Jean Balan serait un sérieux prétendant à la victoire. Avocat commis d’office il y a quinze ans dans l’affaire du bombardement du camp militaire français de Bouaké, en Côte d’Ivoire, qui tua neuf soldats de l’opération « Licorne » et un civil américain le 6 novembre 2004, il est devenu, au fil de l’information judiciaire ouverte à Paris pour « assassinats et tentatives d’assassinats », l’aiguillon de ce dossier.

Conseil d’une vingtaine de survivants et de familles qui se sont constitués parties civiles, Jean Balan en est arrivé, au gré des avancées ou des blocages de l’enquête, à une déduction : l’attaque des avions ivoiriens sur l’emprise française a été manipulée par un cercle de dirigeants français afin d’obtenir un prétexte au renversement de Laurent Gbagbo, le président d’alors, avec qui les relations étaient exécrables. L’avocat le reconnaît lui-même, les preuves formelles de cette culpabilité font défaut ; mais en s’appuyant principalement sur les 15 000 pages du dossier d’instruction, il revient sur les actes qui interrogent encore, expose les mensonges ou les incohérences de ministres de l’époque.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/01/31/bombardement-de-bouake-tout-a-ete-fait-pour-que-la-verite-ne-soit-pas-connue_6027916_3212.html

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