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Lettre à Mr le Président en action A ses ministres et à ses conseillers en information Objet: chloroquine et médecine générale

Docteur Philippe Paux – Le 01 avril 2020

En ce qui me concerne, j’ai “consommé” durant 8 années effectuées en 3 séjours à Djibouti, dont 4 années en famille, de la Nivaquine associée à de la Paludrine et aujourd’hui, après plusieurs décennies, nous allons bien. //RO

Lettre à Mr le Président en action
A ses ministres et à ses conseillers en information
Objet: chloroquine et médecine générale

Les patients m’appellent le Doc, je suis médecin généraliste, petit gradé dans la hiérarchie de la Faculté exerçant loin des salons feutrés où la médecine se chuchote et a besoin de multiples instruments et complexes ordinateurs, d’interminables études sibyllines et nébuleuses, de courbes abstraites et cabalistiques. J’ai appris la médecine sur les bancs de plusieurs facultés et dans ses magnifiques hôpitaux à Lyon, Marseille et Paris. Je suis de la génération qui ne remerciera jamais assez ses maitres, pour leur enseignement et leur humanisme.
Mais la médecine, celle qui doit servir l’homme avant tout, je l’ai apprise aussi et surtout avec le temps, partout et toujours pour l’Humanité. J’ai soigné, soulagé et prévenu, à pied, à cheval, à ski, par le ciel, par les eaux des mers, fleuves et rapides, dans les déserts, dans les montagnes, dans les forêts, dans les ruines d’un tremblement de terre, dans les tempêtes, dans le feu, sous le feu, car serviteur de la République, j’ai été médecin de nombreuses guerres ou catastrophes. Formé à la médecine tropicale, à Marseille, dans ce prestigieux institut disparu hélas depuis, le Pharo, je me suis engagé très tôt à la médecine de guerre et de l’humanité en souffrance, à l’âge où l’esprit est exempt de dogmes et préjugés, où les idées préconçues ne viennent pas contrarier la poursuite du vrai, à l’âge des élans généreux, à l’âge des enthousiasmes pour tout ce qui nous semble être vérité, lumière et progrès. Et je continue, je le pense, à avoir encore cet âge, avec enthousiasme et passion, engouement et dévouement.

Quittant les terrains de guerre, à l’âge de la retraite des vieux combattants, un peu usé et blessé, mais la flamme et la fougue de servir l’autre demeurant, je me suis investi dans une médecine plus classique et traditionnelle dans une petite ville de province, marquée par plusieurs drames récents, dont la mort de mon frère d’armes, le Colonel Beltrame à Carcassonne. 

Et vous l’avez deviné, Mr le Président, que, quand dans un discours entendu par la France dans toutes ses composantes, vous avez prononcé à six reprises le mot guerre, le vieux médecin de guerre que je suis a retrouvé force et ferveur, feu et flamme pour un nouveau combat.

Lequel ?
Le combat pour une arme offensive, la seule connue pour l’instant et que je connais bien, car je l’ai prescrit pendant vingt ans des dizaines de milliers de fois : la CHLOROQUINE. 

Je l’ai prescrit sous toutes ses formes, aux enfants, aux vieux, aux femmes enceintes, aux malades, à l’indigent, aux ministres et aux sorciers, aux ambassadeurs et aux réfugiés, aux milliers de militaires de France et à leur famille, je l’ai prescrit de Mopti à Grand-Santi, de Bobo-Dioulasso à Korhogo, de Libreville à Brazzaville, de Bangui à St Laurent du Maroni, de Maripasoula à N’Djamena et je le prescris encore dans mon petit cabinet de ville à quelques patients poly-arthritiques. La Chloroquine à dose adaptée est peu dangereuse et pourquoi pas, comme mon illustre confrère le Pr. Didier Raoult, l’utiliser à bon escient, au bon moment, à la bonne dose, sous notre prescription et notre surveillance de médecin.

Je vois bon nombre de vos spécialistes évoquaient moult avis, con-ou-divergents, et pour certains très catégoriques, mais ces conseillers ont-ils été un jour face à l’horreur de la guerre et à ses morts ? 

Ces combats, il faut les mener à bien, pas toujours avec les lois, règles et règlements, sans attendre décisions techniques interminables, réunions de consensus, synodes, symposiums ou synthèses, staff, meeting ou autres tables rondes. Les grands chefs, les moins grands chefs, les soldats même, et je pourrais en citer de nombreux ont, par leur action-réaction sans attendre, parfois et souvent même au péril de leur vie, réussi maintes missions ou opérations. Et le « démerdenzizich» a été le plus souvent la règle. Et ce « démerdenzizich», j’en ai encore eu besoin, alors même que vous nous avez envoyé au front de l’épidémie, sans masque, sans solution désinfectante, sans lunette ou autres accessoires de défense contre l’ennemi.

Pragmatisme d’un vieux médecin, je vous demande que tous les médecins généralistes dès maintenant puissent prescrire sans barrière administrative la chloroquine.

Prescrire en leur âme et conscience, avec l’éthique que leur demande ce choix, avec âme pour celles et ceux qui croient aux forces divines et avec conscience pour ceux et celles qui croient aux forces de l’esprit. Vous savez l’éthique est tout ce qui reste, quand les lois ou les règles ne sont pas suffisantes ou pas assez précises pour guider notre choix et décider devant une urgence ou une mesure de sauvetage. Et je me rappelle ce serment fait le soir de ma thèse “J’interviendrai sur toutes les personnes pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité »

Nous sommes en guerre, et au front de celle-ci, dans l’urgence et pragmatisme, je vous demande d’ouvrir la prescription du traitement aux médecins généralistes dès aujourd’hui, ils connaissent leurs patients, n’est-ce pas la finalité de la médecine de famille de les connaitre ? Ils prescrivent tous les jours des traitements bien plus dangereux, aux contre-indications et effets indésirables importants et parfois même mortels à forte dose, y compris pour les plus prescrits. Ces traitements sont délivrés quotidiennement et sans nécessairement imposer d’examens complémentaires compliqués à faire dans des structures spécialisées.

Oui à la chloroquine, que je prescrivais et utilisais pour moi-même et ma famille dans les années où bons nombres d’entre vous n’étaient pas encore nés ou couraient dans la cour de l’école maternelle. Y avait-il moins de danger alors ?
Faites confiance aux médecins généralistes et médecins traitants, le contraire ferait injure à ce merveilleux métier qui disparaît de nos villes et campagnes comme les palmiers dans les sables du désert du Tibesti.

Et devant la folle aventure du Doliprane pris à tout va et pour n’importe quoi, c’est maintenant la chloroquine expédiée par maintes communautés de France et d’Europe ou volée qui circule au gré du mauvais vent, des marché noirs, des trafics divers et prises à tout va. Il est là le danger.

Mr le Président Macron, j’ai parfois admiré chez vous, ce petit côté étincelant et surprenant ; je l’ai parfois retrouvé chez quelques-uns de mes chefs militaires ou grands patrons de médecine qui m’ont formé et que j’ai aimé : il s’appelle la disruption. C’est un contre- pied, inattendu, déroutant qui surprend positivement, mais jamais celui du “en même temps”. C’est celui exprimé par la fraicheur de votre jeunesse, celui cité plus haut « l’âge où l’esprit est exempt de dogmes et préjugés, où les idées préconçues ne viennent pas contrarier la poursuite du vrai, à l’âge des élans généreux, à l’âge des enthousiasmes pour tout ce qui est vérité, lumière et progrès » et bien cette disruption qui vous caractérisait plus jeune, je ne la retrouve plus chez vous, Mr le Président; revenez à cet âge ; c’est celui que notre maître et confrère Didier Raoult a toujours su garder.

Monsieur le Président, donnez aux médecins, soldats de l’avant, toutes les armes pour combattre dès maintenant, vous en avez les moyens.

Le Doc en mode combat

3 commentaires

  1. “Le président en action”! Mais quelle action? En fait, le président de la parlote.

  2. Bravo et merci Docteur
    Je vous pense issu de Santé Navale Bordeaux, mon Frère dernier en sortait.
    J’ai moi aussi servi sous d’autres cieux, Afrique comme combat.
    Heureusement que nos Médecins savaient agir pour sauver des vies.
    Pasteur a sauvé la vie de l’Enfant par sa lutte contre la rage: il était Toubib

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